Sécurité · Dossier

Pannes et accidents de drones : les chiffres, les causes et les bons réflexes

Une chute ne raconte pas toute l’histoire. Pour comprendre un accident, on regarde ce qui l’a déclenché, la réaction du drone, ce que le pilote pouvait encore faire et les personnes exposées.

Publié le 10 septembre 2026 · Loisir et usage professionnel

Un télépilote, radiocommande en main, garde son drone en vue au-dessus d’une prairie : la préparation du vol, fil conducteur du dossier pannes et accidents de drones

Réponse rapide

Il n’existe pas de « taux de crash » fiable pour les drones. On sait combien sont enregistrés en France (462 000 fin 2025) ; on ne sait pas combien volent, ni combien tombent, parce qu’une chute sans déclaration n’apparaît nulle part. Les bases officielles ne comptent que ce qui est signalé : 21 accidents et incidents graves dans toute l’Europe en 2024, un accident de drone dans le bilan 2025 du BEA.

Ce que montrent les enquêtes, c’est un enchaînement — un problème, la réaction du drone, ce que le pilote peut encore faire, les personnes en dessous — et c’est sur cet enchaînement que se joue la prévention : savoir ce que fera l’appareil si la liaison tombe, garder de la marge, et avoir choisi à l’avance où le poser.

Publicité

Le retour vidéo se fige. Le drone est encore visible, mais il semble s’éloigner. Est-ce une perte de commandes, une dérive provoquée par le vent ou simplement un écran bloqué ? Ces situations se ressemblent parfois pour le télépilote. Elles ne demandent pourtant pas la même réponse.

C’est toute la difficulté du sujet : le mot « crash » rassemble des événements très différents. Une hélice cassée contre une branche, une alimentation électrique interrompue et une collision avec une personne ne renseignent ni sur les mêmes causes ni sur les mêmes conséquences.

Ce dossier sur les pannes et accidents de drones propose de partir des données officielles, puis de revenir au vol lui-même. Son fil conducteur : comprendre l’enchaînement qui transforme un problème en accident, et les marges qui permettent parfois de l’interrompre.

01 · Mesurer l’activité

Combien de drones et d’exploitants sont enregistrés en France ?

Les rapports d’activité de la Direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC), au sein de la DGAC, donnent deux indicateurs utiles : le nombre d’exploitants enregistrés et celui des drones enregistrés individuellement. Le premier compte des personnes ou des organisations ; le second compte des appareils.

181 128exploitants enregistrésAu 31 décembre 2025 · hors Nouvelle-Calédonie
462 000drones enregistrésAu 31 décembre 2025 · registre français

Source : rapport d’activité DSAC 2025, p. 52 et 55 (pages 54 et 57 du PDF).

Faites défiler le tableau horizontalement pour lire toutes les colonnes.

Indicateurs publiés en fin d’année, de 2021 à 2025
AnnéeExploitants UASDrones enregistrésSource DSAC
202147 366Non renseigné ici¹Rapport 2021
202281 519285 530Rapport 2022
2023117 598320 814Rapport 2023
2024148 874387 260Rapport 2024
2025181 128462 000Rapport 2025

¹ Aucun total national de drones pour 2021 n’a été retenu à partir des documents consultés ; cette mention ne signifie pas zéro. Les tableaux d’exploitants de 2022 à 2025 précisent « hors Nouvelle-Calédonie ». Les valeurs reprennent les rapports de chaque année. L’année 2026, encore en cours, n’est pas comparée à des bilans annuels clos.

Exploitants enregistrés : une progression du registre
202147 366
202281 519
2023117 598
2024148 874
2025181 128
Échelle partant de zéro. Source : rapports DSAC cités dans le tableau. L’enregistrement ne mesure pas le nombre de vols.

Un exploitant n’est pas un drone

L’exploitant est la personne physique ou morale qui exploite, ou entend exploiter, un ou plusieurs UAS. Un particulier peut donc être exploitant, tout comme une entreprise ou une association. Le télépilote est la personne qui pilote : les deux rôles peuvent être tenus par la même personne.

L’enregistrement européen de l’exploitant concerne notamment l’usage d’un drone avec caméra, même sous 250 g, sauf l’exception prévue pour les jouets conformes. L’enregistrement individuel de l’appareil suit d’autres critères : le rapport DSAC le rappelle, seuls les drones de plus de 800 g doivent être enregistrés un par un, les autres peuvent l’être sans obligation. Le registre des drones ne recense donc pas tous les petits appareils qui volent en France.

Nous détaillons ces démarches pas à pas dans notre article sur AlphaTango. Pour distinguer les démarches et leurs exceptions : page officielle AlphaTango.

02 · Lire les chiffres avec leur périmètre

Combien d’accidents sont réellement recensés ?

Un registre administratif et une base d’événements répondent à deux questions différentes. Le premier décrit une population enregistrée. La seconde rassemble ce qui a été signalé et classé. Une petite chute sans déclaration peut ne jamais y apparaître.

En Europe : des accidents et incidents graves identifiés

L’Annual Safety Review 2025 de l’EASA, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, présente les événements UAS survenus dans ses États membres. Son tableau 6.1 permet de comparer 2023 et 2024 dans la même édition.

Faites défiler le tableau horizontalement pour lire toutes les colonnes.

Événements UAS — périmètre EASA, édition 2025
Classification2023 révisé2024
Accidents mortels10
Accidents non mortels1515
Incidents graves46
Total de ces événements2021

EASA, Annual Safety Review 2025, p. 117–118 ; tableau 6.1 et note 17. Années des événements : 2023 et 2024, et non 2025.

L’EASA a révisé 2023 après traitement de notifications supplémentaires : neuf accidents non mortels sont devenus quinze, et deux incidents graves sont devenus quatre. Une hausse dans une base peut donc venir d’une connaissance plus complète des événements.

Ce périmètre inclut notamment l’aéromodélisme et certaines notifications volontaires. Il ne constitue pas un recensement exhaustif des chutes, ni une mesure de fiabilité des marques.

En France : le bilan du BEA n’est pas celui de tous les crashs

Le rapport d’activité 2025 du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) mentionne un accident de drone dans son bilan des accidents survenus en France. Ce nombre appartient au périmètre de ce rapport. Il ne permet pas de conclure qu’un seul drone est tombé dans le pays. De notre côté, nous tenons un relevé des faits rapportés par la presse locale : ce qui s’est passé cet été — un minimum documenté, pas une statistique.

BEA, rapport d’activité 2025, p. 9. Le nom du fichier comporte « 2026 » ; le rapport porte bien sur l’activité 2025.

Les données qui manquent pour aller plus loin

Les sources publiques consultées pour ce dossier ne fournissent pas une série nationale complète, année par année, reliant déclarations CRESUS, types de panne, dommages et heures de vol. Le nombre de comptes rendus de toute l’aviation ne peut pas servir de nombre d’incidents de drones. Une rubrique générale « autres » ne peut pas davantage être attribuée entièrement aux UAS.

Un indicateur plus solide demanderait des données agrégées portant sur le même territoire et la même période, avec les doublons retirés et des définitions stables. En attendant, les chiffres décrivent les événements connus ; les enquêtes nous aident à comprendre leur déroulement.

03 · Situer le vol

Loisir, professionnel, FPV : de quel drone parle-t-on ?

UAS signifie Unmanned Aircraft System : le système comprend l’aéronef sans équipage à bord et les équipements permettant de le contrôler à distance. Une panne peut donc toucher la machine, mais aussi la commande ou sa liaison.

Trois choses se distinguent ensuite : l’usage, la catégorie d’exploitation et la conception du drone. « Professionnel » ne désigne pas une catégorie réglementaire. La catégorie ouverte accueille aussi des activités rémunérées à faible risque ; la catégorie spécifique répond à d’autres conditions d’exploitation. Une classe de drone, comme C0 ou C2, est encore une autre information.

Cadre des opérations : DGAC, catégorie ouverte et catégorie spécifique.

Faites défiler le tableau horizontalement pour lire toutes les colonnes.

La machine change la manière dont un problème peut évoluer
ConfigurationCe que ça change
Petit multirotor stabiliséLes aides de positionnement et de retour dépendent de capteurs, de réglages et de l’énergie disponible. Une faible masse ne supprime pas le risque de blessure.
FPV manuel ou acrobatiqueLa réaction après perte radio dépend du contrôleur de vol et de sa configuration. Le retour GPS n’est pas une fonction universelle.
Multirotor de travailCharge utile, masse et environnement de mission comptent. La présence de redondances doit être comprise dans ses limites.
Aile fixe ou aéromodèleLa trajectoire et l’espace nécessaire pour se poser diffèrent de ceux d’un multirotor. Une panne moteur ne produit pas systématiquement une chute verticale.

Cette distinction évite les raccourcis : les réactions d’un appareil de prise de vues ne décrivent pas tous les FPV ; deux batteries ne garantissent pas à elles seules qu’une machine continuera à voler après n’importe quelle défaillance.

04 · Comprendre l’enchaînement

Une panne ne conduit pas toujours à une chute

Une panne est un dysfonctionnement. Une collision décrit un contact. Un accident ou un incident grave répond à une classification de sécurité — les quatre notions sont expliquées dans Panne, incident, incident grave ou accident : quelle différence ?. Pour analyser l’événement, mieux vaut reconstruire la chronologie que partir de l’état du drone retrouvé au sol.

  1. ÉTAPE 1Événement initial
  2. ÉTAPE 2Réaction du drone
  3. ÉTAPE 3Action du pilote
  4. ÉTAPE 4Conséquences

Batterie et alimentation : distinguer une alerte d’une coupure

Une batterie faible peut encore laisser le temps de revenir ou de se poser. Une coupure totale d’alimentation retire aux moteurs et à l’électronique les moyens de fonctionner. Entre ces deux situations, une tension qui chute, une connexion défaillante ou une estimation de charge incorrecte peuvent rendre l’évolution très rapide.

Le chiffre affiché à l’écran est donc une information à interpréter avec les alertes et le comportement de l’appareil (les erreurs courantes de charge et de stockage sont dans Batteries : les erreurs à éviter). Le cas de Manchester, présenté plus bas, montre pourquoi une autonomie estimée n’est pas une garantie.

Propulsion et structure : ce qui porte le drone

Hélices, moteurs, contrôleurs de moteurs — les ESC —, bras et fixations participent au maintien en vol. La rupture d’une hélice ou la perte d’une propulsion peut déstabiliser un quadricoptère. Les capacités de récupération varient selon l’architecture et les fonctions prévues par le constructeur.

Une hélice cassée après l’impact ne suffit toutefois pas à établir la cause : s’est-elle rompue en vol, a-t-elle heurté un obstacle ou a-t-elle été détruite au sol ? Photos, journaux de vol et examens servent à distinguer ces scénarios.

Navigation : perdre sa position n’est pas perdre son énergie

Le GNSS, dont le GPS est un système, contribue au positionnement. Le compas, les capteurs inertiels et la vision peuvent aussi intervenir. Si certaines aides deviennent indisponibles, un drone peut continuer à voler tout en perdant son maintien de position.

Le manuel du DJI Mini 4 Pro décrit notamment le passage possible en mode d’attitude lorsque les conditions requises pour les aides au positionnement ne sont plus réunies. Le vent peut alors entraîner une dérive. Cet exemple concerne ce modèle ; il ne définit pas le comportement de tous les drones.

Manuel de vol DJI Mini 4 Pro (anglais), rubriques sur les modes de vol et les procédures anormales.

Transmission, électronique et logiciel : identifier ce qui ne répond plus

Une image figée peut venir du retour vidéo. Une application bloquée peut concerner l’affichage. Une perte de liaison C2 — commande et contrôle — concerne les moyens de donner des ordres au drone. Ces fonctions peuvent partager des équipements, mais leurs défaillances ne sont pas équivalentes.

Un réglage erroné peut également produire un comportement prévu par le système, mais inattendu par le pilote. Pour parler de défaillance logicielle, on cherche des éléments précis : version, paramètres, messages, données et chronologie. Une mise à jour suivie d’un crash ne prouve pas, à elle seule, un lien de causalité.

Vent, obstacles et décisions : parfois, la machine fonctionne

Un appareil peut ne plus progresser suffisamment face au vent tout en fonctionnant normalement. Continuer à tenter le même retour consomme alors la réserve disponible. De même, un câble peu visible, un départ derrière un obstacle ou une zone de poser mal choisie peuvent transformer une difficulté récupérable en accident.

Les familles de causes peuvent se combiner. Il ne s’agit pas de choisir systématiquement entre « panne » et « erreur du pilote », mais de comprendre ce que chacun pouvait observer et faire à chaque étape.

05 · Pendant le vol

Que peut faire le pilote quand un problème apparaît ?

Le premier objectif est de préserver les personnes et la maîtrise de la trajectoire. Les commandes à employer dépendent du modèle, de son état et des procédures préparées. Le tableau suivant aide à identifier le problème ; il ne remplace pas le manuel de l’appareil. Les gestes à faire dans l’ordre, pendant le vol, sont détaillés dans Urgences en vol : perte de liaison, batterie, dérive.

Faites défiler le tableau horizontalement pour lire toutes les colonnes.

Du symptôme à la décision
Situation observéeCe qui peut se passerLogique de réaction
Image figéeLe retour vidéo est interrompu ; les commandes peuvent rester actives.Se référer à l’observation directe et à la procédure prévue. Ne pas assimiler l’écran à l’état réel du drone.
Perte de liaison C2Le système applique le comportement configuré, s’il en a les moyens.Surveiller la trajectoire et les personnes exposées. Appliquer la procédure de perte de liaison connue avant le vol.
Dérive ou positionnement dégradéLe maintien automatique peut être réduit ou perdu.Si le contrôle reste possible, interrompre la mission et rejoindre une zone de poser adaptée à la situation.
Batterie critique ou retour trop lentLe drone peut déclencher une descente ou manquer d’énergie avant le retour.Évaluer une zone de poser sûre accessible plutôt que s’obstiner vers le point de départ.
Perte de propulsion ou de contrôleLa trajectoire peut devenir incontrôlable.Mettre en œuvre la procédure d’urgence propre au système et protéger les tiers autant que possible.

Sur un FPV sous Betaflight, le failsafe, ou comportement de secours, peut notamment être configuré pour arrêter les moteurs ou utiliser GPS Rescue lorsque ses conditions sont réunies. Tout dépend de la configuration réelle de sa machine et de ses limites de récupération. Un autre FPV peut suivre une logique différente.

Documentation officielle Betaflight : Failsafe.

Une commande d’arrêt des moteurs en vol peut provoquer la chute. Elle ne se transpose pas d’un modèle à l’autre et ne s’improvise pas comme un geste de dépannage. La préparation consiste à connaître les procédures d’urgence du système et les circonstances dans lesquelles elles sont prévues.

06 · Revenir aux faits

Deux événements documentés pour comprendre les différences

Ces deux cas sont antérieurs à la série d’enregistrements présentée plus haut ; un troisième, plus proche du loisir — un DJI Mini 2 à Nottingham en 2024 — est raconté dans l’article sur les définitions. Nous retenons ces deux-là pour la précision des enquêtes, sans en déduire la fiabilité actuelle d’un modèle ni une fréquence nationale. Les règles applicables au moment des faits doivent aussi être distinguées de celles d’aujourd’hui.

Manchester · 20 octobre 2018 · Accident

Une autonomie affichée, puis une perte totale d’énergie

Un DJI Matrice 210 RTK de 6,14 kg est utilisé pour une opération des services d’urgence. Le rapport britannique de l’AAIB décrit une descente incontrôlée alors que l’écran affiche encore 12 minutes et 9 secondes de vol estimées.

Déclencheur
L’analyse identifie un état de charge surestimé pour l’une des batteries.
Réaction
Le drone lance un atterrissage automatique à tension critique, puis perd toute alimentation moins de 2,5 secondes plus tard.
Action du pilote
Les indications d’erreur apparaissent dans une séquence très brève. Le rapport ne décrit pas de récupération réussie ; après l’événement, l’opérateur transmet le matériel au constructeur pour analyse.
Conséquences
La structure, les batteries et les caméras sont fortement endommagées. Aucune personne ni aucun autre bien n’est heurté.

À retenir : l’affichage d’autonomie dépend d’une estimation. Ici, une anomalie d’énergie est documentée, et le système n’a plus eu les moyens de terminer son atterrissage.

Lire le rapport AAIB EW/G2018/10/09, p. 81–84 du bulletin (4 pages).

Le Barcarès · 14 juillet 2019 · Incident grave

Une collision, trois blessés et une cause technique non établie

Un DJI Inspire 2 filme un festival. La mission est autorisée avec une zone d’exclusion des tiers de 30 mètres, mais le vol est entrepris depuis un site non déclaré ; la vidéo montre des tiers à moins de 10 mètres.

Déclencheur
Le télépilote et le cadreur évoquent une batterie. Les examens ne reproduisent pas la panne décrite et les journaux de vol manquent : la défaillance n’est pas démontrée.
Réaction
Le drone perd de l’altitude, heurte un montant de scène, puis atteint le public.
Action du pilote
La manipulation tentée pour arrêter les moteurs est inadaptée. Le dispositif associant coupe-circuit et parachutes n’est pas activé.
Conséquences
Trois personnes au sol sont légèrement blessées et le drone est endommagé.

À retenir : même sans cause technique certaine, l’enquête met en évidence le rôle des distances, de la connaissance des procédures et de la conservation des données.

Lire le rapport BEA2019-0416, notamment p. 13–15 ; conséquences p. 1.

Ces deux récits conduisent à une même question de préparation : si le système ne fait plus ce que j’attends, où peut-il finir sa course ? La réponse dépend autant du lieu de vol que de la machine.

07 · Après l’événement

Sécuriser les personnes, puis conserver les faits

Les conséquences dépassent parfois la casse du drone : blessure par impact ou hélice, dommage à un véhicule, perturbation d’une activité, danger lié à une batterie. Une récupération précipitée peut créer un second accident.

  1. Protéger les personnes. En cas de blessure ou de danger immédiat, alerter les secours au 112 et suivre leurs consignes. Ne pas toucher les hélices en mouvement.
  2. Éviter une récupération dangereuse. Ne pas entrer sur une route, une voie ferrée, une toiture ou près d’une ligne électrique pour sauver l’appareil. S’il est tombé chez quelqu’un, on ne va pas le chercher sans prévenir.
  3. Traiter la batterie avec prudence. Ne pas remettre en charge une batterie endommagée. En cas de fumée, de chaleur anormale ou d’incendie, s’éloigner, tenir les tiers à distance et prévenir les secours.
  4. Préserver les indices. Dès que la sécurité le permet, noter lieu, heure, météo, premier symptôme et actions effectuées ; conserver les photos, vidéos, messages et journaux de vol (un carnet de vol tenu à jour aide beaucoup à ce moment-là). Suivre les consignes de l’autorité si elle intervient.
  5. Préparer les démarches. Vérifier les obligations de notification, informer l’assureur dans les conditions du contrat si nécessaire, et faire contrôler l’appareil avant de le remettre en service.

Dans un récit ou une déclaration, séparez ce que vous avez observé de ce que vous supposez. « Le drone a dérivé après ce message » est une observation. « Le GPS a provoqué l’accident » est une conclusion qui demande des éléments supplémentaires.

Pour structurer le retour d’expérience : guide DSAC de notification et de traitement des événements UAS (2022). Les procédures opérationnelles restent celles du système utilisé.

08 · Faire remonter l’événement

CRESUS, BEA et assurance : des démarches différentes

Une hélice cassée ne déclenche pas automatiquement toutes les démarches possibles. À l’inverse, l’absence de destruction du drone n’exclut pas un événement à signaler. Ce qui compte : la gravité, les personnes exposées, l’implication d’un aéronef habité et le cadre du vol.

La DSAC et CRESUS : partager l’information de sécurité

La DGAC met à disposition le formulaire CRESUS pour les événements UAS et encourage aussi les notifications volontaires utiles à la sécurité. Décrire une perte de contrôle récupérée peut ainsi présenter un intérêt, même sans dommage.

ECCAIRS désigne l’environnement de collecte et de traitement des événements aéronautiques ; ce n’est pas un bilan public exhaustif des accidents de drones. CRESUS est un moyen de faire remonter l’information, pas une preuve que toutes les chutes sont comptées.

Accéder aux informations DGAC et au formulaire CRESUS.

Le BEA : une information à transmettre sans retard lorsqu’elle est requise

L’arrêté du 10 mars 2025, publié le 19 mars, consacre son annexe 3 aux incidents UAS. Il vise notamment les rapprochements dangereux avec un aéronef habité et certains événements concernant des tiers au sol. Il mentionne aussi les échappées ou pertes de liaison en catégories spécifique ou certifiée, ainsi que certaines quasi-collisions avec le sol.

Les conditions exactes figurent dans le texte. Une transmission CRESUS ne doit pas être considérée comme remplaçant l’information au BEA lorsqu’elle est obligatoire. Le BEA recherche les causes pour améliorer la sécurité ; son enquête n’a pas pour objet de déterminer les responsabilités.

Lire l’arrêté du 10 mars 2025, notamment l’annexe 3 · Consulter les modalités de notification au BEA.

L’assurance : déclarer un sinistre selon son contrat

Le compte rendu de sécurité, l’information au BEA et la déclaration à l’assureur poursuivent des objectifs différents. Pour l’assurance, vérifiez l’usage couvert, les dommages concernés, les justificatifs et le délai contractuel — ce qu’un contrat de loisir couvre ou non est expliqué dans Faut-il une assurance pour son drone ?, et la question de la responsabilité dans Accident de drone : qui est responsable ?. Conservez un récit factuel et les éléments disponibles sans attendre d’avoir identifié vous-même une cause certaine.

09 · Avant le prochain décollage

La bonne préparation laisse une solution de repli

Une inspection ne garantit pas l’absence de panne. Elle permet de repérer certains défauts ; la préparation du vol sert aussi à limiter les conséquences de ce qui n’aurait pas été détecté. Notre check-list avant de décoller et l’article Météo et vent : quand reporter couvrent le détail.

Avant de décoller, posez-vous cinq questions concrètes :

  1. La machine est-elle prête ? État et fixation des hélices, bras, moteurs, batterie, connecteurs et charge utile ; absence d’alerte à résoudre.
  2. Que fera-t-elle si la liaison disparaît ? Comportement prévu, point de retour, conditions et limites du RTH ou du système de secours.
  3. Le retour reste-t-il réaliste ? Vent, distance, obstacles et réserve d’énergie doivent être considérés ensemble, pas uniquement en pourcentage de batterie.
  4. Qui pourrait être exposé ? Personnes, circulation et autres aéronefs peuvent entrer dans l’environnement du vol. Une zone vide au décollage peut ne plus l’être ensuite.
  5. Où interrompre la mission ? Repérer une zone de poser accessible et décider à l’avance ce qui conduira à écourter le vol.

Le drone partage l’espace aérien et survole un environnement habité. Les distances, la surveillance du ciel et les limites d’exploitation prennent alors un sens concret : garder du temps, de l’espace et des options lorsqu’un problème survient.

10 · Questions fréquentes

Pannes et accidents de drones : les questions fréquentes

Les drones enregistrés correspondent-ils à tous les drones en France ?

Non. Le registre des appareils couvre un périmètre administratif. Certains petits drones n’y figurent pas ; un appareil enregistré n’est pas forcément utilisé. Le nombre d’exploitants est un indicateur distinct.

Un drone de moins de 250 g peut-il provoquer un accident ?

Oui. La faible masse réduit certains risques, mais ne supprime ni les coupures par hélice ni les conséquences d’un impact ou d’une réaction d’évitement. Le lieu et les personnes exposées comptent aussi.

Une perte de GPS entraîne-t-elle forcément une chute ?

Non. Selon le système et les autres aides disponibles, le drone peut continuer à voler avec un maintien de position dégradé. La réaction exacte doit être vérifiée dans son manuel.

Le RTH peut-il sauver le drone de toutes les pannes ?

Non. Un retour automatique nécessite que les fonctions indispensables au vol restent disponibles. Il ne remplace ni la propulsion ni une alimentation défaillante.

Faut-il déclarer chaque chute ?

Les obligations dépendent du contexte et de l’événement. Trois démarches se distinguent : notification de sécurité, information au BEA et déclaration d’assurance. La page DGAC et l’annexe 3 de l’arrêté de 2025 sont liées dans la section précédente.

Peut-on calculer le risque de crash à partir de ces tableaux ?

Non. Les tableaux portent sur des registres et des événements de périmètres différents. Un indicateur de risque demanderait notamment une mesure de l’exposition au vol et une couverture connue des signalements.

Publicité

Sources et méthode

Vérification documentaire : 10 septembre 2026. Les liens ci-dessous renvoient aux sources officielles et aux documentations techniques utilisées. Les pages indiquées sont celles imprimées dans les rapports, sauf précision. Les cas sont des exemples explicatifs, pas un échantillon statistiquement représentatif.

Pour les gestes et paramètres propres à votre appareil, référez-vous à son manuel et, le cas échéant, au manuel d’exploitation.